si j’avais su

(Il y a plus à l’amour que le vague sentiment d’être amoureux. Il y a plus à la vie que le simple fait de respirer. Il y a plus à l’immobilité que l’insensibilité. Il y a plus à la malhonnêteté qu’une véritable ignorance. Il y a plus à l’absence que la capacité de pardonner.)

Voilà à quoi je m’attendais.
J’ai perdu le nord, mon chemin, qui m’a pris si longtemps à retrouver. Pourtant, je savais mieux que de me laisser tenter par les bras de quelqu’un d’autre afin d’oublier, d’ignorer. Le crépuscule s’installait; une autre journée de perdue qui se terminait. Dans un wagon de métro silencieux et morne, je sentais que les gens endormis questionnaient mon jugement. Percutée, culbutée, je n’en pouvais plus. Le trajet avait été si court et mes pensées si longues.

Gênée par la gêne, je me suis effondrée.
L’amour m’a chuchoté : «Attends»

Je suis ainsi sortie dans la nuit, seule, et j’ai marché. La noirceur gagnait lentement ma chair et mes os, elle me tenaillait telle une morsure infectée par la solitude et les années. Les mots venaient tranquillement à moi, alors que les remords prenaient naissance à la racine du temps. Ils me répétaient le même refrain, ils me dessinaient le même destin : «Cet égarement, cet éloignement, mais pourquoi? On finit toujours par assumer la vérité, la réalité; on finit toujours par voir la lumière par un bel après-midi brisé, méprisé.»

Il me fallait souffrir mes souffrances alors que j’essayais de les enterrer.
L’immobilité m’a tout pris et la malhonnêteté m’a tourné le dos : «Essaie d’oublier»

Je t’ai devant moi, je t’ai dans mes pensées, et j’aimerais que tu lises les mots que j’écris secrètement depuis. Mais tout revenait : ces images. Tout me hantait : ces images. Mettre le blâme sur un cœur blasé? Sur un cœur qui a trop aimé? Je sais pas, je ne sais plus.

L’esprit déconfit, je fixais le rouge violacé des yeux qui me transperçaient; voilà que mon propre reflet me jugeait. Le mal était fait. Je pensais maintenant à tes bras et à quel point ils me manquaient.

2 comments juillet 14, 2008

15 h 37, un lundi sur le boulevard saint-laurent*

« J’ai éteint l’ordinateur. J’ai enlevé mes écouteurs et je me suis reculée sur ma chaise, tout en me calant confortablement contre son dossier. J’ai fermé les yeux, j’ai pris une profonde inspiration et je me suis mise à pleurer. Pleurer pourquoi? J’en avais aucune idée. Pleurer de soulagement, pleurer de joie, pleurer parce que ça me faisait du bien j’imagine. Pourquoi devrais-je garder profondément enfouis mes sentiments? Ne devrais-je pas plutôt les crier, les laisser s’évader, les laisser s’exprimer, les laisser m’exprimer? Exprimer ce que je ressens, ce que je veux, ce que je suis, sans utiliser de mots mais plutôt des cris, simplement en étant moi-même, mise à nu.

Je sentais le battement effréné de mon cœur, du plus profond de ma poitrine jusque dans ma gorge. Je ne voulais pas que ce feeling disparaisse. Je ne voulais pas me réveiller comme toutes ces autres fois où j’avais rêvé de ce moment, ce moment dont j’aurais enfin voulu partager comme avant. Ça fait combien de temps déjà? Je ne m’en souviens même pas. Tu vois, déjà si longtemps…

Je devais décamper. Fuir cette place, abandonner ces quatre murs qui pesaient sur mes frêles épaules, qui m’écrasaient et qui me séparaient du monde extérieur, qui me tenaient à l’écart de ma liberté tant espérée.

J’ai enfourché mon vélo et je me suis mise à pédaler. Pédaler comme jamais auparavant, comme si j’essayais de me sauver de quelque chose, comme si rien ne pouvait m’arrêter, comme si je luttais contre quelque chose d’invisible, d’invincible. Un peu comme cette fois, voilà quelques années, où j’ai pris mes jambes à mon cou, où j’ai tenté de me défiler de cette personne que j’étais à ce moment, où j’ai ignoré mes amis, où…

La nuit était obscure et les éclairs traversaient le ciel nuageux; la tempête se réveillait tranquillement, docilement.

Je continuais de pédaler, j’essayais de transpirer mes émotions, mes pensées, de me débarrasser des mauvais souvenirs cachés. Je me suis laissée transpirer jusqu’à ce que l’oubli survienne, jusqu’à ce que je me pardonne d’avoir blessé, d’être blessée, jusqu’à ce que ces émotions s’endorment, jusqu’à ce qu’elles adhèrent à ma peau, jusqu’à ce qu’elles fassent partie intégrante de ma toute petite personne, parfois ingrate, parfois ignorante, mais toujours aimante.

Et, c’est comme si quelqu’un venait d’entendre mon souhait, comme si cette personne avait ressenti ce qui se passait secrètement au plus profond de moi. Une froide pluie se mit à tomber la minute où j’arrivai à destination. Cette toute petite bruine répétait à mon oreille : “C’est correct, tout est fini, tout est terminé…”

Voilà six ans, elle était tout pour moi.
Voilà un an, je me suis sentie comme une moins que rien à ses yeux.
À partir de maintenant, qu’est-ce que je serai ?

Voilà quatre ans, je t’ai aimée pour ce que tu me faisais ressentir.
Aujourd’hui, je t’aime pour ce que tu es.
Demain, je t’aimerai pour tous ces éléments mélangés.
Toujours, je t’aimerai. »

*i love you so much, my love, my friend. i miss you so much, my love, my friend.

1 comment juillet 8, 2008

règlement de comptes

:: Je ne l’ai jamais dit, mais je déménage et je ne sais pas si je dois être heureuse ou non. La situation est particulièrement ambiguë et complexe. Et c’est principalement à cause de toi et de cette relation anarchique que nous entretenons depuis si longtemps.
:: Je ne l’ai jamais dit, mais j’ai vraiment été amoureuse de toi. Tellement, que tu es rendue ma balise sentimentale, c’est con, je sais, mais il n’y a personne qui m’a donné autant mal au cœur que toi (jusqu’à présent).
:: Je ne l’ai jamais dit, mais je t’envie. Pis encore, je suis jalouse. J’aimerais tellement être dans tes souliers, vivre ta vie, être heureuse pour vrai et sourire avec tout mon corps, de toutes mes dents.
:: Je ne l’ai jamais dit, mais j’écris. J’aime écrire. En fait, j’adore le processus de malaise et de dévoilement face à l’écriture et j’aspire, semaine après semaine, à ressentir la vulnérabilité qu’elle me procure. Et un jour, je l’aurai mon nom écrit en belles lettres carrées sur une page couverture (à défaut de l’avoir sur une marquise) et sans le savoir, tu seras très fier de moi.
:: Je ne l’ai jamais dit, mais je ne dors pas la nuit. Je fais de l’insomnie. Parce que je réfléchis trop et parce que tout se passe trop vite dans ma tête. Mais plus souvent qu’autrement, c’est parce que je pense à toi et je me demande comment tu vas réellement. J’aimerais avoir des réponses, mais je m’abstiens de poser des questions.
:: Je ne l’ai jamais dit, mais j’étais fatiguée des games. Il y a eu de l’abus, il y a eu du désespoir, il y a eu des larmes. Je soigne encore certaines plaies, mais je m’en remets. Je souhaite simplement que tu me fasses confiance.
:: Je ne l’ai jamais dit, mais tu m’énerves avec tes comportements adolescents. Je ne te comprends plus, je ne te reconnais plus. Et ça me fait énormément de peine et carrément chier.
:: Je ne l’ai jamais dit, mais je suis vraiment heureuse de t’avoir à nouveau dans ma vie. On se connaît depuis tellement longtemps, mais j’ai l’impression que j’ai réellement appris à te connaître cette année seulement. J’aimerais te dire que tu fais partie de mes personnes préférées et que je tiens à toi comme à la prunelle de mes yeux.
:: Je ne l’ai jamais dit, mais j’ai vraiment prié très fort pour qu’elle s’en sorte. Je ne crois pas en Dieu, ou en une force divine quelconque, mais je te jure que toutes les fois où je me suis perdue dans mes pensées, j’espérais envoyer assez d’ondes positives remplies de santé qui auraient pu la sauver.
:: Je ne l’ai jamais dit, mais tu m’as énormément fait mal. Avec le recul, je t’ai évidemment pardonnée, et je te remercie en fait de m’avoir ainsi forcée, de m’avoir ainsi poussée contre mon gré. Ça m’a permis de cibler ce que je détestais dans les relations et ironiquement, tu en fais partie.
:: Je ne l’ai jamais dit, mais je me suis rendue chez toi la veille du jour de l’An. Je voulais être la première à te souhaiter, avec sincérité et authenticité, une meilleure année que celle passée. Tu n’as jamais répondu et je suis repartie fêter avec mes amis.
:: Je ne l’ai jamais dit, mais je crois que pour une des très rares fois de ma jeune vie, je vais me la fermer. On y reviendra quand le timing sera meilleur.

2 comments juillet 6, 2008

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